Mes aventures sur la route de Compostelle

Laissez-moi vous raconter une expérience qui m’a profondément marqué: la route de Saint-Jacques-de-Compostelle! Empreinte de mysticisme, encensée par nul autre que Paulo Coelho et immortalisée au cinéma avec The Way en 2010: la réputation de cette randonnée n’est plus à faire!  S’échelonnant sur des centaines de kilomètres de la Péninsule ibérique et se déclinant en dizaines de variantes qui ont comme point de départ soit la France, le Portugal ou bien une des régions d’Espagne, la route de Compostelle s’ajuste à tous les goûts.

Qu’est-ce qui m’a motivé à lacer mes bottines? Certes, n’étant pourtant pas un grand sportif de nature, je cultive un intérêt pour le trekking. Mais surtout, j’avais envie de profiter de mon séjour en Espagne pour découvrir ce chemin mythique et dépoussiérer mes notions d’espagnol!  Je décidai dès lors d’entreprendre le Chemin du Nord (El camino del Norte) qui, comme son nom laisse deviner, serpente les 817 kilomètres de la côte Nord du pays des olives. L’itinéraire fut le suivant: départ d’Irun, ville frontalière avec la France et arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle après environ 35 à 38 jours de marche à raison de 15 à 35 kilomètres chaque jour.

Le quotidien du pèlerin

À quoi ressemble la journée-type du randonneur sur la route de Compostelle? Les jours sont marqués par le même compas: réveil, déjeuner, remballage du sac à dos, marche, goûter, arrivée à destination, arrêt au marché pour s’approvisionner en noix, collations ou autre, recherche d’une auberge, estampe dans le carnet du pèlerin, douche, lessive, repas et repos. Tout cela peut sembler fort monotone pour le citadin lasse de sa routine, mais cette répétition quotidienne revêt un charme inexplicable lorsqu’on met notre corps à l’épreuve.

Les bottes résonnent au son de la chanson emblématique du pèlerin: ‘’Caminante no hay camino, se hace camino al andar’’ (‘’Marcheur, il y a pas de chemin à suivre, tu fais ton chemin en marchant’’).

Entraide et communautarisme: le Compostelle zen

Les grandes lignes de la philosophie du pèlerin sont l’entraide, le non-jugement et l’ouverture à l’autre. Cet état d’esprit se reflètent autant chez les marcheurs que chez les aubergistes et les habitants des villages. D’ailleurs, plusieurs auberges publiques sont tenues par des bénévoles, eux-mêmes d’anciens pèlerins, qui offrent leur temps pour assurer la gratuité de l’hébergement et des repas offerts.

Résumé de l’expérience: un parcours physique et intérieur

Faire le Chemin de Compostelle permet de rencontrer des gens de divers horizons (origine, âge, métier, etc.) dont les motivations pour entreprendre le chemin sont tout aussi variées (défi sportif, psychologique, spirituel, période de transition, etc.). Les différences sociologiques s’estompent quand tous se retrouvent devant le même défi. Ces rencontres donnent lieu à des échanges très intéressants, ou la complicité et la profondeur s’installent rapidement.

Le portrait ne saurait être complet sans la mention de la beauté des paysages du Nord de l’Espagne. La verdure flamboyante et vallonnée de ces derniers est diamétralement opposée à l’aridité des grandes étendues peuplées d’oliviers andalouses ou à celle de la Meseta centrale et ses tons de beige, théâtres des Western Spaghetti de Sergio Leone et des péripéties de Don Quichotte, ce cow-boy ibérique. Le chemin du Nord impressionne de par la rudesse de ses côtes aux architectures rocheuses organiques et par ses plages sauvages dont l’eau cristalline saura vous rafraîchir après une journée d’effort physique. (Attention elle est beaucoup trop froide pour s’y baigner en dehors de la période de mai à novembre!)

Compostelle est un périple à la fois rural et urbain: les pérégrinations nous transportent de petits villages où ne résonnent que le beuglement des vaches et le tintement des cloches qui pendent à leur cou à des villes dynamiques et vibrantes telle l’industrielle et éclectique Bilbao. C’est un chemin qui recèle de surprises!

Le contraste nature et ville est parfois saisissant! Conseil: prévoyez une journée de répit pour visiter le célèbre musée d’art moderne Guggenheim à Bilbao.

La narration de mes péripéties nomades vous a convaincu(e)? Vous vous sentez prêt(e) à vous lancer dans l’aventure pélerine? Eh bien, ça tombe bien puisque j’ai écris en parallèle un article à ce sujet! Et vous, qui me lisez et qui avez vous aussi parcouru cet emblématique chemin, avez-vous des anecdotes à raconter?

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