Ma quête de vision dans le désert de l’Arizona

Au coeur du désert de l’Arizona, la ville de Sedona est réputée pour ses époustouflants rochers orange et rouge sang, mais se distingue depuis les années 60 comme capitale du mouvement New Age. Guérisseurs, capteurs de rêve, lecture du tarot: un engouement spirituel sans pareil caractérise toujours ce joyau du sud-ouest américain. Vous devinerez donc que j’ai été charmé par Sedona lors de mon récent voyage, au cours duquel une rencontre fortuite m’a mené à entreprendre une initiation à la tradition chamanique.

Un vortex énergétique au milieu du désert de l’Arizona.

Atmosphère fiévreuse

Outre sa chaleur accablante, à laquelle j’ai du mal à croire que l’on puisse s’habituer, la ville de Sedona a une forte connotation thermique. Elle rassemble bon nombre d’ex-visiteurs atteints de ce qu’on appelle couramment la Red Rock Fever, ou “fièvre des Red Rocks”, un emballement si vif pour la région qu’il pousse à s’y installer pour de bon. Bien que je n’aie pas prolongé mon séjour, je suis bel et bien tombé sous le charme de Sedona. Tout d’abord, j’ai été captivé par son bagage amérindien. La ville est entourée de réserves, notamment celles des tribus Hopi et Yavapai, ce qui la distingue des villes américaines typiques et en fait un véritable oasis. L’influence amérindienne se ressent à travers les commerces de Sedona, qui offrent pour la plupart des bijoux faits de turquoise ou d’opale et des pièces d’art tribales.

Petit ranch-resto en bordure des rochers

Plusieurs résidents fort sympathiques m’ont parlé en long et en large des “vortex” de la région, des formations rocheuses qui détiennent selon eux une énergie spéciale et qui favorisent la guérison et la méditation. Fasciné par les propriétés surnaturelles de ces merveilles, je me suis mis à me renseigner auprès de guérisseurs et de chamans, puis, dans un charmant bar à thé, j’ai enfin rencontré Sonia, une praticienne chamanique d’origine française qui propose des “aventures spirituelles” à différents endroits dans le sud-ouest américain. C’est alors qu’elle m’a introduit au concept de quête de vision…

Un rite de passage rédempteur

Chez les Premières nations, une quête de vision est un genre de rite de passage au cours duquel une personne doit se rendre seul à un endroit sacré et jeûner pendant quelques jours afin d’obtenir une perspective divine ou des directives pour sa vie, généralement guidée par un parent ou un conseiller spirituel expérimenté. Deux jours après notre rencontre, Sonia m’a invité à la suivre au pied du rocher sacré des Navajos pour vivre une expérience de croissance inspirée de ce rite. En route vers le rocher, alors qu’elle me sentait sans doute nerveux quant au dénuement de trois jours qui m’attendait, elle m’a parlé du recouvrement d’âme, un travail sur soi qu’elle recommande à tous ses élèves avant leur quête de vision. Il s’agit, simplement dit, d’un retour à un espace temps ou à une expérience traumatique qui n’a pas été résolue et qui nous a dissociés de notre âme et notre vérité. Intrigué, je lui assure que j’y songerai pendant ma quête.

J’ai donc passé trois jours et trois nuits dans un canyon, par moi-même, à la fois craintif et complètement épaté par la beauté de mon environnement. Initialement j’étais tourmenté, non seulement par le fait d’être en pleine nature sauvage sans réelle ressource de secours, mais aussi par l’envergure spirituelle associée à mon pèlerinage, comme si ce serait un échec de retourner à Sedona sans avoir vécu une illumination extraordinaire.

Paysage hypnotique

Mon scepticisme n’a pas duré longtemps. Suivant les conseils de Sonia, j’ai pensé à des moments difficiles de mon enfance, des incidents qui ont, sans entrer dans les détails, provoqué mes troubles de dépendance et mon désarroi intérieur. Au fil des années, je me suis bâti des barrières, j’ai rejeté des émotions pour me protéger de la souffrance et nier mes graves problèmes. Mais à ce moment-là, isolé dans un canyon, je me suis senti prêt à accueillir toutes les sensations du monde et à défaire toutes les chaînes qui m’entravaient depuis si longtemps. C’est difficile à décrire seulement par les mots, mais j’ai retrouvé un ardent désir d’aimer et de faire sentir ma gratitude à toutes les figures marquantes de ma vie, toutes les personnes qui ont voulu m’aider alors que je n’étais qu’un noeud entêté de négativité.

Je pourrais blâmer les vortex ou encore la Red Rock Fever pour cet éveil spirituel, mais je préfère croire que ce puissant élan d’amour et d’émancipation a toujours existé en moi, et que ces éléments m’ont seulement aidé à y accéder. Je réalise que ma vie entière est un voyage spirituel et que, malgré les grands apprentissages que me fournissent mes voyages, je suis en quête de vision depuis toujours.

 

Et vous, avez-vous déjà visité le sud-ouest américain? Seriez-vous prêts à passer une nuit dans un canyon?

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